La différence de coefficient thermique entre parpaing et brique

par Clementine

Le choix des matériaux de construction ne repose pas uniquement sur le prix ou la facilité de pose. Il doit aussi prendre en compte un critère fondamental : la performance thermique. Dans cette optique, deux matériaux dominent largement les constructions traditionnelles : le parpaing et la brique. Si tous deux servent à bâtir les murs porteurs de nombreuses maisons, leurs capacités d’isolation thermique ne sont pas équivalentes.

Le coefficient thermique, un indicateur clé pour la performance énergétique

Avant de comparer les matériaux, rappelons ce qu’est le coefficient de conductivité thermique, aussi appelé lambda (λ). Il s’agit d’une valeur exprimée en Watt par mètre-kelvin (W/m.K), qui mesure la capacité d’un matériau à conduire la chaleur. Plus ce coefficient est faible, plus le matériau est isolant. À l’inverse, plus il est élevé, plus la chaleur traverse facilement le mur, ce qui nuit à la performance énergétique du bâtiment.

Attention à ne pas confondre ce lambda avec la résistance thermique (R), qui dépend à la fois du lambda et de l’épaisseur du matériau. Plus la résistance R est élevée, meilleure est l’isolation du mur.

Le parpaing : un matériau robuste mais peu isolant

Le parpaing, ou bloc de béton, est un matériau courant en construction, notamment pour ses qualités mécaniques (solidité, durabilité) et son coût modéré. Il est constitué de granulats, de ciment et d’eau, et se présente sous forme de blocs creux.

En termes de performance thermique, le parpaing classique présente un coefficient lambda moyen de 0,9 à 1,2 W/m.K, selon sa composition et sa densité. C’est une valeur relativement élevée, ce qui signifie que le parpaing conduit assez bien la chaleur. Il n’est donc pas considéré comme un matériau isolant à lui seul.

Autrement dit, un mur en parpaing nécessite systématiquement une isolation complémentaire, intérieure ou extérieure, pour répondre aux normes actuelles (RT2012, RE2020). Sans cette isolation, les déperditions thermiques sont importantes, surtout en hiver.

Il existe cependant des variantes comme le parpaing isolant, intégrant des billes de polystyrène ou d’autres matériaux à faible conductivité. Ces versions plus performantes peuvent atteindre un lambda de 0,3 à 0,5 W/m.K, mais restent encore loin des meilleurs isolants.

La brique : une solution naturellement plus isolante

La brique en terre cuite revient en force dans les constructions neuves, notamment pour ses performances thermiques supérieures au parpaing. Elle est fabriquée à base d’argile cuite à haute température, ce qui lui confère des propriétés intéressantes : bonne inertie thermique, perméabilité à la vapeur d’eau, et surtout, une meilleure isolation naturelle.

Selon le type de brique, les performances varient :

  • Brique pleine : lambda autour de 0,6 à 0,8 W/m.K, légèrement meilleur que le parpaing.
  • Brique creuse standard : lambda autour de 0,5 W/m.K.
  • Brique alvéolaire isolante (ou brique Monomur) : lambda de 0,12 à 0,18 W/m.K, ce qui la rapproche des matériaux isolants.

Ce type de brique, grâce à ses alvéoles et parfois son remplissage isolant, permet de construire un mur porteur sans avoir à ajouter d’isolant complémentaire, ou du moins en réduisant son épaisseur. C’est un atout dans les projets visant à atteindre de hautes performances énergétiques, comme les maisons BBC ou passives.

Comparatif concret entre mur en parpaing et mur en brique

Prenons l’exemple d’un mur standard de 20 centimètres d’épaisseur, sans isolation ajoutée. Un parpaing creux classique, avec un coefficient thermique (lambda) moyen de 1,1 W/m.K, offre une résistance thermique d’environ 0,18 m².K/W. Cela reste faible, ce qui confirme qu’il ne peut pas assurer à lui seul une bonne isolation. Il est donc indispensable de lui adjoindre un isolant complémentaire pour atteindre les standards actuels.

En comparaison, une brique creuse standard (non isolante) présente un lambda proche de 0,5 W/m.K. Avec la même épaisseur de 20 cm, sa résistance thermique atteint environ 0,40 m².K/W. Elle isole donc deux fois mieux que le parpaing, sans être encore suffisante pour répondre seule aux normes énergétiques, mais elle constitue déjà un meilleur point de départ.

Enfin, la brique Monomur, dite brique alvéolaire isolante, pousse la performance bien plus loin. Avec un lambda autour de 0,14 W/m.K et une épaisseur courante de 30 cm, elle peut offrir une résistance thermique supérieure à 2 m².K/W. Dans certains cas, cette valeur est suffisante pour se passer d’isolation supplémentaire, tout en respectant les exigences de la RE2020. Cela permet de réduire les couches de matériaux, de gagner en surface habitable et de simplifier la construction.