Le seringat, parfois surnommé « jasmin des poètes », est un arbuste à floraison blanche très parfumée qui enchante les jardins au printemps. Facile à vivre, rustique et généreux, il peut être multiplié sans difficulté grâce à la bouture. Cette méthode de multiplication permet de reproduire un sujet fidèle à la plante mère, sans avoir recours à des semis ou à l’achat d’un nouveau pied. Encore faut-il connaître les bons gestes, les périodes idéales et les techniques adaptées.
Pourquoi bouturer un seringat ?
La bouture est la méthode la plus simple et la plus économique pour multiplier un seringat. Elle permet d’obtenir une plante identique au pied d’origine, ce qui est particulièrement intéressant si vous possédez une variété ancienne ou un sujet très parfumé que vous souhaitez conserver.
Elle présente plusieurs avantages :
- La gratuité : aucun besoin de racheter une plante
- La rapidité : un seringat bouturé peut commencer à fleurir dès la deuxième ou troisième année
- La fidélité génétique à la plante d’origine
- La simplicité de mise en œuvre, même pour un jardinier débutant.
Contrairement au semis, qui peut donner des plants aux caractéristiques aléatoires, la bouture garantit le maintien de la variété d’origine.
Quand bouturer le seringat ?
Il est possible de bouturer le seringat à différentes périodes de l’année, selon le type de bouture choisie. Voici les deux principales options :
En été : la bouture semi-ligneuse
C’est la méthode la plus classique. Elle consiste à prélever des tiges semi-aoûtées, c’est-à-dire ni trop tendres ni totalement lignifiées. La période idéale se situe entre juillet et août, lorsque les jeunes pousses commencent à durcir.
La bouture semi-ligneuse offre un bon taux de reprise, à condition de respecter certaines règles d’humidité et d’ensoleillement.
En hiver : la bouture ligneuse
On peut aussi bouturer un seringat en hiver, à partir de bois dur, généralement entre décembre et février. Cette technique demande un peu plus de patience car l’enracinement est plus lent, mais elle reste très efficace.
Le choix entre ces deux périodes dépend du temps disponible, du matériel à disposition, et de votre préférence en matière de manipulation.
Le matériel nécessaire pour réussir vos boutures
Avant de commencer, assurez-vous d’avoir à portée de main :
- Un sécateur bien affûté et désinfecté,
- Des pots ou caissettes de culture avec des trous de drainage,
- Un substrat léger, composé de terreau, sable et perlite ou vermiculite,
- De la poudre d’hormone de bouturage (facultative mais recommandée),
- Un sac plastique transparent ou une mini-serre pour conserver l’humidité.
Un environnement bien préparé augmente les chances de reprise et limite les risques de pourriture.

Étapes pour bouturer un seringat en été (semi-ligneux)
1. Prélever les tiges
Commencez par sélectionner une tige bien développée, sans floraison ni signe de maladie, idéalement issue de l’année en cours. La tige doit mesurer environ 15 cm, avec au moins trois nœuds, c’est-à-dire les zones où poussent les feuilles. Coupez net juste sous un nœud, à l’aide d’un sécateur propre et bien aiguisé. Ensuite, retirez les feuilles situées sur la moitié inférieure de la tige, en veillant à ne pas abîmer les bourgeons. Gardez quelques feuilles en haut pour maintenir la photosynthèse.
2. Préparer la bouture
Une fois les tiges coupées, il est conseillé de tremper la base dans une hormone de bouturage, disponible en jardinerie. Ce produit favorise l’émission rapide de racines et augmente le taux de réussite. Tapotez légèrement la tige pour retirer l’excédent de poudre. Cette étape est facultative, mais vivement recommandée pour les boutures difficiles ou si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté. Il est important de planter la bouture immédiatement après cette étape pour éviter le dessèchement.
3. Planter dans le substrat
Utilisez un substrat léger et drainant, comme un mélange de terreau, sable et perlite, humidifié sans être détrempé. Plantez la base de la bouture sur environ 4 centimètres de profondeur, en veillant à ce qu’elle tienne droite. Tassez doucement autour de la tige pour assurer un bon contact avec la terre. Arrosez légèrement en pluie fine pour humidifier l’ensemble sans provoquer de déplacement. Placez une ou plusieurs boutures par pot selon la taille, en laissant un peu d’espace pour éviter la concurrence.
4. Maintenir une atmosphère humide
La chaleur et l’humidité constante sont essentielles pour favoriser la formation des racines. Couvrez vos pots avec un film plastique transparent, un sac congélation ou une mini-serre. Cela crée un microclimat favorable, semblable à celui d’une serre. Attention à ne pas exposer la bouture au soleil direct, ce qui pourrait provoquer un excès de chaleur sous le plastique. Privilégiez une lumière indirecte et une température stable, comprise entre 18 et 22 °C, pour maximiser les chances d’enracinement.
5. Attendre l’enracinement
La période d’enracinement prend généralement entre 4 et 6 semaines, selon la température, l’humidité et la variété de seringat. Vous pouvez contrôler la progression en tirant très doucement sur la tige : si elle résiste, c’est signe que des racines se sont formées. Pendant ce temps, vérifiez régulièrement l’humidité du substrat, sans le détremper, et aérez la mini-serre quelques minutes par jour pour éviter les moisissures. Une fois enracinée, la bouture pourra être rempotée ou placée en pleine terre au printemps.
Bouturer le seringat en hiver (bois sec)
Si vous préférez intervenir en dehors de la période estivale, il est tout à fait possible de réaliser des boutures en hiver, à partir de rameaux plus rigides. Cette méthode, un peu plus longue, donne aussi de très bons résultats. Voici comment procéder étape par étape :
- Choisissez des branches âgées d’un an, bien mûres, d’environ 20 cm de long,
- Coupez en biseau la base, juste sous un œil, et retirez les feuilles restantes,
- Plantez les tiges dans un mélange sableux, en extérieur dans un coin abrité ou sous châssis froid,
- Laissez en place jusqu’au printemps, en maintenant un sol à peine humide.
Que faire après l’enracinement ?
Une fois que les racines se sont bien formées, il est temps de rempoter les jeunes plants dans des pots plus grands avec un terreau de bonne qualité. Laissez-les encore quelques semaines à l’abri avant de les planter en pleine terre, idéalement au printemps suivant.
Le seringat apprécie un sol ordinaire, bien drainé, et une exposition ensoleillée à mi-ombragée. Il résiste bien au froid et n’exige pas de soins particuliers, mis à part des arrosages réguliers la première année et une taille légère après floraison.