Les maladies du mûrier platane et leur traitement

par Coralie

Le mûrier platane est un arbre d’ornement très apprécié pour son feuillage dense et large, son ombrage généreux et sa résistance générale aux conditions difficiles. Il est souvent planté dans les jardins, les parcs ou en alignement le long des routes. Toutefois, comme tous les arbres, il peut être victime de certaines maladies et attaques de parasites. Si la plupart de ces problèmes ne mettent pas sa vie en danger à court terme, il est important de les repérer à temps et d’agir correctement pour préserver sa santé et son aspect esthétique. Voici les principales maladies du mûrier platane et les solutions pour y remédier.

1. L’oïdium : une maladie fongique fréquente

L’oïdium est l’une des affections les plus courantes chez le mûrier platane. Il s’agit d’un champignon microscopique qui se manifeste par un dépôt blanc poudreux sur les feuilles, parfois sur les jeunes rameaux. Ce voile blanchâtre empêche la plante de respirer correctement et peut ralentir sa croissance. Il apparaît surtout au printemps ou en été, par temps chaud et humide.

Même si l’oïdium est rarement fatal, il affaiblit l’arbre sur le long terme, notamment en réduisant la surface de photosynthèse. Pour le traiter, on peut pulvériser du soufre en poudre ou une solution à base de bicarbonate de soude (1 cuillère à café dans 1 litre d’eau, à répéter chaque semaine en cas de forte attaque). Il existe également des traitements fongicides biologiques disponibles en jardinerie.

L’aération de la ramure est essentielle pour limiter les risques : une taille légère des branches intérieures permet une meilleure circulation de l’air. Évitez également d’arroser le feuillage, surtout en soirée. Le paillage au pied de l’arbre peut aider à conserver une humidité stable sans favoriser le développement de champignons.

2. La tache noire des feuilles

La tache noire, aussi appelée marssonina, est une autre maladie fréquente du mûrier platane, en particulier en été ou à l’automne. Elle se manifeste par des taches circulaires brun foncé à noires sur les feuilles. Ces taches s’élargissent, provoquant parfois le jaunissement, puis la chute prématurée du feuillage.

Le champignon responsable se développe sur les feuilles mortes restées au sol, ce qui signifie qu’un bon ramassage des feuilles en fin de saison est une première mesure de prévention efficace. Les spores peuvent rester actives d’une année sur l’autre si le sol n’est pas bien nettoyé.

En cas d’infection sévère, un traitement fongicide à base de cuivre (comme la bouillie bordelaise) peut être utilisé en pulvérisation, idéalement en début de saison, dès l’apparition des premiers symptômes. Il est conseillé de renouveler le traitement après la pluie pour qu’il reste actif.

La tache noire n’est pas dramatique si elle reste ponctuelle, mais des attaques répétées peuvent affaiblir l’arbre et favoriser d’autres infections. Là encore, une taille régulière et une bonne hygiène du sol sont des gestes simples qui limitent fortement les risques.

3. Les galles foliaires

Le mûrier platane peut également être sujet à l’apparition de galles sur les feuilles. Ces excroissances, souvent arrondies, rouges ou vertes, sont causées par de petits insectes piqueurs-suceurs (acariens ou psylles) ou des bactéries. Elles n’ont généralement aucun impact grave sur la santé de l’arbre, mais peuvent être impressionnantes visuellement.

Il est inutile de traiter chimiquement dans la majorité des cas. Ces galles sont le résultat d’une réaction naturelle de la plante à une agression. Le plus souvent, elles se développent au printemps et disparaissent en été ou à l’automne. On peut retirer les feuilles les plus touchées pour des raisons esthétiques, ou les laisser sécher naturellement.

Une bonne santé générale de l’arbre réduit la sensibilité à ce phénomène : fertilisation douce, arrosages raisonnés, taille modérée. Les galles réapparaissent rarement d’une année sur l’autre si l’arbre n’est pas affaibli.

galles foliaires

4. Les chancres : signes d’un affaiblissement

Les chancres sont des lésions visibles sur l’écorce ou les branches du mûrier platane. Ce sont des plaies qui peuvent s’élargir avec le temps, causées par des champignons ou des bactéries, souvent à la suite d’une blessure mal refermée (taille mal faite, choc mécanique, etc.). Ces chancres perturbent la circulation de la sève et peuvent entraîner le dessèchement progressif des rameaux.

Lorsqu’un chancre est détecté, il est important de tailler proprement la branche atteinte en dessous de la lésion, avec un outil désinfecté. La coupe doit être nette, légèrement en biais, et réalisée par temps sec. Il est déconseillé d’utiliser des mastic cicatrisants sur ce type de plaie, car cela peut parfois aggraver le problème en emprisonnant l’humidité.

Si plusieurs chancres apparaissent, cela peut indiquer que l’arbre est affaibli ou stressé : manque d’eau, sol compacté, racines blessées, etc. Il faut alors revoir l’état général de l’arbre, améliorer les conditions de culture et éventuellement réaliser un apport d’engrais organique au printemps.

5. Le dépérissement progressif : un signal d’alerte à ne pas négliger

Il arrive que le mûrier platane montre des signes de dépérissement diffus : branches qui sèchent sans raison apparente, feuillage plus clairsemé, croissance ralentie. Ce n’est pas une maladie à proprement parler, mais un syndrome pouvant résulter de plusieurs facteurs combinés : sol trop compacté, manque d’aération racinaire, sécheresse prolongée ou ancien stress non résorbé.

Ce type de dépérissement est souvent progressif et passe inaperçu les premières années. On remarque un affaiblissement général, parfois localisé à une partie de la ramure. Pour y remédier, il est utile d’améliorer la structure du sol, par exemple avec un apport de compost mûr et un griffage léger autour du pied. Un apport de mycorhizes (champignons bénéfiques pour les racines) peut aussi être envisagé.

La pose d’un paillage organique épais, combinée à une surveillance des besoins en eau pendant les périodes de chaleur, aide à stabiliser la santé de l’arbre. Dans les cas les plus avancés, il faut envisager une taille de restructuration douce, sans traumatiser l’arbre.

dépérissement progressif

6. Les pucerons et autres insectes ravageurs

Bien que le mûrier platane soit assez résistant, il peut parfois subir des attaques de pucerons, surtout au printemps. Ces petits insectes verts ou noirs se regroupent sur les jeunes pousses et se nourrissent de leur sève, ce qui provoque un enroulement des feuilles et l’apparition de miellat (substance collante qui attire les fourmis).

Leur présence est rarement dangereuse à court terme, mais ils peuvent affaiblir les jeunes arbres et favoriser le développement de la fumagine, un champignon noir qui se dépose sur le miellat. Pour limiter les dégâts, il est possible de pulvériser une solution de savon noir dilué (5 à 10 % dans de l’eau tiède) ou d’installer des plantes compagnes qui attirent les prédateurs naturels comme les coccinelles.

En cas d’invasion importante, il existe des traitements insecticides biologiques à base de pyrèthre ou de neem, à utiliser avec précaution, de préférence tôt le matin ou en fin de journée pour ne pas nuire aux insectes utiles.

7. La verticilliose : un champignon du sol discret mais dangereux

Plus rarement, le mûrier platane peut être atteint par la verticilliose, un champignon microscopique qui vit dans le sol et attaque les vaisseaux conducteurs de sève. Ce champignon pénètre par les racines et bloque la circulation interne de l’eau et des nutriments. Il en résulte un flétrissement soudain de certaines branches, souvent d’un seul côté de l’arbre, sans raison apparente.

Il n’existe malheureusement pas de traitement curatif pour ce champignon. La seule solution est préventive : éviter les excès d’humidité au sol, ne pas blesser les racines, et ne jamais replanter un arbre sensible à cet endroit. Si la verticilliose est confirmée (par analyse ou par observation), il faut couper les branches atteintes et surveiller l’évolution. Dans les cas sévères, l’abattage de l’arbre peut être inévitable.

Heureusement, cette maladie reste rare sur les mûriers en bonne santé, plantés dans un sol bien drainé.