Thuya interdit : ce qu’il faut savoir

par Coralie

Le thuya est l’un des arbustes les plus plantés dans les jardins pour créer des haies occultantes. Facile à faire pousser, à tailler et bon marché, il a longtemps été un choix par défaut pour délimiter un terrain. Pourtant, depuis quelques années, des voix s’élèvent contre son usage, au point que certains pensent qu’il est désormais interdit. Cette idée reçue vient de problèmes bien réels liés à cet arbre, mais le thuya n’est pas interdit en France. Voici pourquoi le thuya est de plus en plus controversé.

Pourquoi le thuya pose problème

Si le thuya est si critiqué, c’est parce qu’il présente plusieurs inconvénients majeurs, à la fois pour l’environnement et les jardins voisins. Il s’agit d’un arbre à feuillage persistant, dont les racines sont très gourmandes en eau. Cela peut assécher les sols et gêner la croissance d’autres plantes à proximité. Son feuillage très dense ne laisse pas passer la lumière et appauvrit les sols.

De plus, les haies de thuya abritent très peu d’insectes ou d’oiseaux, contrairement à d’autres essences locales. Enfin, le thuya est sensible aux maladies, notamment les champignons comme le phellin tacheté ou la pourriture racinaire, ce qui entraîne souvent des haies brunes ou dégarnies.

Est-il interdit de planter du thuya ?

Non, aucun texte de loi national n’interdit aujourd’hui la plantation de thuya dans un jardin privé. Il ne s’agit pas d’une plante classée comme invasive ou dangereuse par l’État. En revanche, certaines communes, notamment dans des zones protégées ou soumises à des plans d’urbanisme, peuvent restreindre son usage ou recommander d’autres essences.

Il peut aussi exister des règlements de lotissement ou de copropriété qui interdisent certaines haies, soit pour des raisons esthétiques, soit pour préserver la biodiversité. Il est donc important de vérifier localement si des restrictions s’appliquent avant de planter.

La taille des thuyas peut aussi être interdite temporairement

Certaines périodes de l’année sont soumises à des restrictions de taille, notamment pour protéger la faune. Entre le 15 mars et le 31 juillet, il est déconseillé, voire interdit, de tailler les haies dans certaines communes ou départements. Cette interdiction vise à protéger les oiseaux en période de nidification.

Même si les thuyas abritent peu d’espèces, ils peuvent parfois servir de refuge. En zone rurale ou protégée, des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent formellement interdire la taille des haies pendant cette période. Il est donc important de se renseigner localement, surtout si vous êtes proche d’un espace naturel classé ou d’un site Natura 2000.

tailler un thuya

Les haies de thuya et le voisinage

Le thuya est souvent planté en limite de propriété, pour créer un écran végétal entre deux jardins. Mais c’est aussi une source fréquente de conflits de voisinage, notamment lorsqu’il n’est pas bien entretenu. Une haie mal taillée peut dépasser les hauteurs autorisées par le Code civil, ou empiéter sur le terrain du voisin.

Par ailleurs, le thuya produit beaucoup de déchets verts lors de la taille, ce qui peut déranger en zone urbaine. Si votre voisin se plaint, vous devrez prouver que vous respectez les distances légales (50 cm minimum si la haie ne dépasse pas 2 m) et que vous assurez un entretien régulier.

Risques pour la biodiversité

L’une des critiques les plus fortes contre le thuya concerne son impact sur la faune locale. Contrairement aux haies champêtres ou composées d’essences locales (aubépine, noisetier, prunellier…), le thuya n’offre ni abri ni nourriture à la plupart des insectes, oiseaux ou petits mammifères. C’est donc une haie très pauvre en biodiversité, qui ne favorise pas l’équilibre naturel d’un jardin.

À l’échelle d’un quartier, des haies uniformes de thuya peuvent contribuer à une forme de désert écologique. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines collectivités encouragent aujourd’hui le remplacement des thuyas par des haies plus variées et plus naturelles.