Trompette de Jéricho : plantation, taille et secrets de cette plante

par Clementine

Avec son apparence sèche, presque morte, la trompette de Jéricho intrigue autant qu’elle fascine. Cette plante résurrectionnelle possède une capacité unique : elle peut revenir à la vie après des mois, voire des années de dessèchement, simplement en contact avec de l’eau. Aussi connue sous le nom de « rose de Jéricho », elle ne laisse personne indifférent. S’agit-il d’un phénomène rare ? Est-ce une plante facile à entretenir ?

Une plante du désert qui défie le temps

La trompette de Jéricho ne pousse pas à Jéricho comme son nom pourrait le faire croire. Il s’agit en réalité de plantes originaires de zones désertiques, principalement du Moyen-Orient et du Sahara, selon l’espèce. Deux variétés sont souvent confondues : Anastatica hierochuntica, qui pousse au Proche-Orient, et Selaginella lepidophylla, native d’Amérique centrale. Cette dernière est la plus couramment commercialisée et utilisée comme plante d’intérieur.

Dans leur milieu naturel, ces plantes font face à des conditions extrêmes : chaleur, sécheresse, vents forts. Pour survivre, elles se dessèchent totalement en période aride et forment une boule compacte. Le vent les emporte parfois sur de longues distances. Dès qu’elles rencontrent un peu d’humidité, elles se déploient lentement, verdissent parfois, et reprennent temporairement vie pour quelques jours.

Ce phénomène, appelé reviviscence, est extrêmement rare chez les végétaux. Il ne s’agit pas de régénération cellulaire, mais d’une réactivation des tissus déshydratés, ce qui donne l’illusion d’un retour à la vie.

Un symbole ancien de résurrection

La trompette de Jéricho n’est pas seulement un phénomène botanique. Elle a été, depuis des siècles, un symbole de renaissance, de renouveau, voire de foi religieuse. Son nom fait référence à la ville biblique de Jéricho, mais c’est surtout sa capacité à « revenir à la vie » qui lui a valu ce surnom.

Dans certaines cultures, la plante est placée dans les foyers comme porte-bonheur, notamment pour protéger la maison ou favoriser l’harmonie familiale. Elle est aussi parfois offerte lors de baptêmes, de mariages ou de deuils, pour représenter la continuité, la paix ou la réconciliation.

On la retrouve aussi dans certaines traditions magiques ou spirituelles, où elle est censée absorber les énergies négatives, ou être activée lors de rituels de purification, notamment en lien avec l’élément eau.

trompette de Jéricho dans un jardin

Comment planter une trompette de Jéricho ?

Planter une trompette de Jéricho ne s’envisage pas comme pour une plante classique. En effet, la plupart des spécimens vendus dans le commerce, notamment Selaginella lepidophylla, ne se cultivent pas en pot ni en pleine terre, car il ne s’agit pas d’une plante ornementale vivace au sens traditionnel. On ne parle donc pas de plantation à proprement parler, mais plutôt d’activation temporaire dans un récipient d’eau.

Cependant, si vous souhaitez conserver votre trompette de Jéricho dans un décor végétal, vous pouvez l’installer dans un contenant en verre ou sur un lit de galets, que vous humidifiez régulièrement. L’idéal est de l’humidifier une à deux fois par mois, puis de la laisser sécher complètement à l’air libre pendant au moins deux semaines. Cela préserve son mécanisme de rétraction et limite les risques de moisissure. Il est fortement déconseillé de la planter dans la terre ou de la maintenir en permanence dans l’eau : cela entraîne une décomposition rapide. À noter que la plante ne produit pas de racines et ne développe pas de nouvelles pousses, ce qui confirme son usage principalement décoratif.

Faut-il tailler une trompette de Jéricho ?

Contrairement aux arbustes ou aux plantes vivaces, la trompette de Jéricho ne nécessite aucune taille, car elle ne pousse pas, ne fleurit pas et ne se ramifie pas. Elle ne dispose pas d’un cycle végétatif actif continu. En d’autres termes, elle ne grandit pas et ne se renouvelle pas par l’ajout de tiges ou de feuilles. Il n’est donc pas utile, ni même recommandé, de la couper.

En revanche, vous pouvez retirer les fragments cassés ou abîmés si certaines extrémités deviennent trop sèches ou si la plante se délite avec le temps. Cela n’est pas obligatoire, mais permet de préserver un aspect plus esthétique lorsqu’elle se réhydrate. Manipulez-la toujours à sec, car lorsqu’elle est humide, ses tissus deviennent plus fragiles et peuvent se déchirer facilement. À terme, si votre plante perd sa capacité à s’ouvrir complètement ou devient noire, il est temps de la remplacer : son cycle de reviviscence naturel touche à sa fin.